Baptême du Seigneur (11 janvier 2026)
Abbé Jean Compazieu | 4 janvier 2026Mon Fils bien-aimé
Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Il y a une semaine, nous étions encore à Bethléem en compagnie des mages. Nous avons fêté dans la joie la naissance de Jésus puis sa manifestation au monde païen. Aujourd’hui, nous sommes renvoyés à trente ans plus tard pour fêter une autre Épiphanie, celle qui a eu lieu au cours de son baptême par Jean. C’est l’entrée de Jésus dans son ministère public.
Cet événement était annoncé au sixième siècle avant Jésus Christ. A cette époque, le peuple d’Israël se trouve en exil à Babylone ; le prophète Isaïe s’efforce de lui redonner du courage : il annonce le “serviteur” qui aura pour mission d’accomplir l’œuvre de salut de Dieu. La volonté de Dieu c’est de sauver toute l’humanité. Il est celui qui ouvre les yeux des aveugles et qui rend la liberté aux opprimés. Il est surtout celui qui fait alliance avec son peuple.
C’est de cette espérance que doit témoigner le peuple que Dieu s’est choisi. Même s’il est ballotté par les grands empires du moment, rien ne doit l’arrêter. Il a pour mission de faire connaître le vrai Dieu aux païens. Il doit annoncer le message de Dieu “avec fermeté et douceur”. Aux yeux des hommes, cela peut paraître dérisoire. Mais Dieu est là. Il fait reposer son Esprit sur son serviteur. Ce dernier doit témoigner que Dieu est lumière et libération pour tous les hommes.
Le Nouveau Testament applique ce poème d’Isaïe à Jésus. C’est cette bonne nouvelle que proclame la voix venue du ciel. Jésus est vraiment ce serviteur non violent, plein de douceur et de discrétion. C’est lui que nous sommes invités à écouter et à suivre. Il se présente à nous comme la “lumière des nations”. Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour porter cette lumière au monde d’aujourd’hui. Nous vivons dans une société qui veut mettre à distance la bonne nouvelle de l’Évangile. De nombreux pays sont guettés par la déchristianisation. Mais rien ne peut arrêter la réalisation du plan de Dieu.
La deuxième lecture est extraite du livre des Actes des Apôtres. Elle nous parle de l’Évangile “pour tous”. Il n’est pas seulement réservé à une élite de fervents. Il doit atteindre le monde entier. Il n’y a pas de borne au message de paix et de liberté que Dieu annonce par don Fils. Jésus Christ s’est fait le Seigneur de tous, y compris des païens. L’Esprit de Dieu nous précède dans leur cœur. C’est lui qui fait que la Parole de ses messagers porte du fruit. La Pentecôte en milieu païen continue tous les jours. Dieu ne cesse d’agir au-delà des frontières visibles de son Église.
L’Évangile nous rapporte l’événement du baptême de Jésus par Jean. C’est sa première manifestation publique. Il se mêle à la foule des pécheurs pour recevoir le baptême donné par Jean. Pourtant, il n’a pas de péchés à se faire pardonner. Il n’a donc pas besoin de repentir. Ce baptême de Jésus n’était pas nécessaire pour lui. Mais il l’était pour nous. Si Jésus a choisi de recevoir ce baptême, c’est pour être immergé dans notre condition humaine très concrète. Il est entré dans l’eau du Jourdain pur de tout péché. Il en est ressorti porteur de tout le péché du monde. Ce mal qui nous accable, il le prend sur lui car il veut nous en libérer. Il veut nous en libérer car il veut que nous vivions heureux.
Cette fête du Seigneur nous annonce un autre baptême bien plus grand, celui que reçoivent les chrétiens. D’un côté, nous voyons Jésus qui entre dans l’eau boueuse du Jourdain et qui prend sur lui tous nos péchés. Avec le baptême chrétien, nous sommes plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. C’est important pour nous : nous vivons dans un monde guetté par la haine et la violence. Tout cela, c’est un colis piégé dont il faut absolument se débarrasser. Nous sommes envoyés dans ce monde tel qu’il est pour lui dire et lui montrer par toute notre vie que Dieu l’aime. Avec Jésus, plus rien ne peut être comme avant. Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu.
Avec cette fête, nous entrons dans le temps ordinaire. C’est une période moins festive mais elle reste importante. C’est là que nous aurons à grandir dans la fidélité et l’écoute de la Parole de Dieu. Avec Jésus, nous sommes les acteurs d’un monde nouveau qui est déjà là mais qu’il faut faire croître. Nous sommes appelés à agir à la manière du serviteur, porteur et dispensateur de l’amour de Dieu.
C’est en vue de cette mission que nous venons nous ressourcer à la table eucharistique. Le Christ est là pour nous communiquer sa vie. Il est le pain vivant sur nos chemins humains. Nous te prions, Seigneur, aide-nous à vraiment redécouvrir la force et la grandeur ce don que tu nous fais. Donne-nous de nous plonger chaque jour dans cet océan d’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Amen
Sources : Revues Feu Nouveau, L’Intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut), Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye), Ta Parole est ma joie (Joseph Proux)
Prière universelle
Intentions
1/. Pour le Saint Père, pour les évêques et les prêtres, et pour nous tous qui avons reçu le baptême, pour que nous soyons témoins de la paix et de la justice par Jésus Christ, le Seigneur de tous. Nous te prions, Seigneur.
2/. Pour les dirigeants des peuples, pour qu’ils exercent leurs fonctions avec sagesse et humilité, sans rechercher leur intérêt propre et avec une authentique droiture d’intention dans la poursuite du bien commun. Nous te prions, Seigneur.
3/. Pour les populations qui habitent dans les zones de guerre, pour les victimes de l’accident d’avion de cette semaine, et pour le peuple d’Australie confronté à de terribles incendies. Nous te prions, Seigneur.
4/. Pour notre communauté paroissiale, afin que nous prenions de plus en plus conscience dans notre vie du sacrement dans lequel nous avons été plongés par le baptême, et afin que nous discernions avec courage les signes des temps que nous traversons, confiants dans la miséricorde de Dieu. Nous te prions, Seigneur.


« Jésus était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. » (Mt 3:13).
Le baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain marque le début de sa vie publique. En se joignant à la foule pour demander le baptême de pénitence, Jésus, Lui qui est sans péché, manifeste sa solidarité avec l’humanité en quête d’une voie de salut. Conscient de ce qui se passe en voyant Jésus venir à lui, « Jean voulait l’en empêcher et disait : ‘C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi !’ » (Mt 3:14).
La célébration de cet événement nous amène à nous poser une question essentielle : ‘Au quotidien, comment je vis mon baptême ? Quel est mon parcours personnel vers Dieu ?’ Pour la majorité des chrétiens, ce sont les parents qui prennent l’initiative d’accompagner leur enfant au baptême. Mais pour d’autres, c’est une démarche réfléchie d’aller à la rencontre de Dieu. À chacun son cheminement, son propre parcours sur la trace de Jésus. La foi est un don. Mais ce don reçu n’est pas vécu de la même manière par tous.
Chrétiens, sommes-nous conscients de notre rôle au sein de l’assemblée du peuple de Dieu ? Car, parfois, au détour de certaines conversations, nous pouvons entendre : ‘Oh, vous savez, je suis chrétien mais pas pratiquant.’ Ces personnes affirment avec certitude qu’il est plus important de vivre honnêtement que de s’empêtrer dans des pratiques religieuses ! ‘Est-ce si important ?’, se demandent-il ? Ils ne vont pas à la messe, mais ils mettent en pratique des valeurs essentielles. Ils sont fidèles dans leur couple et résolus dans leurs engagements. Ils mettent en pratique la tolérance et le partage… Sans en être conscients, ils marchent déjà dans les pas de Jésus. Ils ne montrent pas leur foi mais, en fin de compte, ils sont beaucoup plus croyants qu’ils ne le pensent. Ce qui leur manque, précisément, c’est une rencontre personnelle avec Dieu. À ceux-là, Jésus leur dit : « Viens et suis-moi ! » (Mt 19:21). Jésus les appelle à devenir ‘plus chrétiens’, à donner une dimension plus spirituelle à leur vie !
Le baptême nous met sur le chemin à la rencontre de Dieu. Une aventure qui se vit au quotidien. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Un chrétien de nom seulement ? Un chrétien dont l’amour et la charité ne se limitent qu’au cercle familial ? Un chrétien passif qui se laisse guider sans jamais prendre d’initiative ? Ou un chrétien engagé qui donne son temps à Dieu et met généreusement ses capacités au service des autres ?
Le chrétien est appelé à vivre sa foi à la lumière de l’Évangile. Et surtout, à la mettre en pratique. Une concrétisation du commandement d’amour enseigné par Jésus. Croire et agir doivent aller de pair ! La foi en action, c’est la marque distinctive d’un véritable disciple du Christ. « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13:35). Saint Jacques attire notre attention : « Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? […] La foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. » (Jc 2:14,17). Saint Paul insiste : « J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. » (1 Cor 12:2). La foi chrétienne nous invite à ouvrir notre cœur et nos mains.
Combien de fois dans notre vie, notre foi est restée en berne ? Sans doute endormie dans la monotonie d’une pratique religieuse sans âme ou ternie par le confort matériel. Il se peut qu’elle soit aussi affectée par le poids des épreuves ! Il est temps de nous secouer. La célébration du baptême de Jésus nous appelle à une révision sincère de notre manière de pratiquer la foi. En famille et à travers nos activités. C’est l’occasion de nous poser la bonne question : ‘Suis-je en phase avec mon aspiration spirituelle ?’ C’est au quotidien que nous devons vivre notre baptême. Et ce, à tous les âges de la vie.
N’ayons pas peur de partager notre foi et de proclamer l’Évangile autour de nous. Rayonnons l’Amour et la Paix du Christ. Soyons son messager dans notre lieu de vie. Jésus nous encourage : « Vous êtes le sel de la terre. […] Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » (Mt 5:13-16).
Au baptême de Jésus, la voix de Dieu le Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour. » (Mt 3:17). Plaçons Jésus au centre de notre vie. Mettons nos pas dans les siens. Engageons-nous avec détermination dans un parcours spirituel qui sort de l’ordinaire !
Nguyễn Thế Cường Jacques
Merci beaucoup Jacques pour vos commentaires qui sont très appréciés